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Article en A R C H I V E


le dossier du 26 février 2008

Pacte étudiant pour Strasbourg
Pour une Cité de l'Etudiant et de la Jeunesse !

Propos liminaire du Président de l'AFGES : Pourquoi une Cité ?

Même si elle est la ville française « préférée des séniors », Strasbourg est une ville jeune, mais aussi et surtout une ville profondément étudiante.

Avec plus de 45000 étudiants inscrits dans les universités et écoles, elle fait partie des villes les plus attractives au niveau de son offre de formation supérieure. Pour autant, elle souffre encore de sérieuses carences, que ce soit au niveau de l’accueil des étudiants, de leur accompagnement, des services mis à leur disposition, de la vie extra universitaire...

Tout cela  grève son attractivité, et risque de la pénaliser, au niveau international, par rapport à d’autres grandes villes universitaires, qui ont, elles, déjà compris tout l’enjeu que représente l’étudiant, dans les différents aspects de sa vie (attractivité, rayonnement futur, poids économique de l’enseignement supérieur et de la recherche…).

Cité de l'Etudiant, conception Faverie Architecte StrasbourgA Strasbourg, les étudiants ont dans leur grande majorité, et bien malgré eux, un comportement très casanier, scolaire : ils vont en cours ou à la bibliothèque, en sortent, rentrent chez eux, et parfois, quand leur budget le leur permet, s’autorisent telle sortie culturelle, ou ludique. Une vie, somme toute, assez monocorde, et très marquée par l’appartenance facultaire de chacun.

A qui la faute ? Il n’existe aujourd’hui aucun lieu, clairement identifié, d’échanges, d’attraits, et d’activités pour la communauté étudiante.

Le campus central, qui a fort mal vieilli, est  loin d’être attractif pour les étudiants en dehors des cours: sombre, mal fréquenté, peu animé, trop concentré sur lui-même… Il n’est ni un lieu de convivialité, ni un lieu propice aux échanges, aux brassages, à la vie étudiante, en somme.

Malheureusement, aucun autre endroit dans notre Ville n’est à la fois facilement accessible, proche du principal campus et des lieux de résidence des étudiants. Ou, plus exactement, aucun des endroits qui le seraient n’est aujourd’hui dédié aux étudiants.

Voilà qui met à mal la notion même de « campus », au sens du lieu de vie, de jour comme de nuit, d’échanges, de dynamisme, de culture, aussi.

Ne nous y trompons pas : il ne s’agit pas seulement – loin s’en faut – d’une question de vie nocturne. Le problème réside bien plus dans l’absence totale de « point de chute », sorte de lieu de référence où l’étudiant saurait qu’il y trouvera tout ce dont il peut avoir besoin : accès aux informations, aux formalités, à des activités culturelles, à des échanges, à des activités ludiques, diurnes et nocturnes…

La création et le développement, prévisibles, des campus délocalisés, ne fera qu’accroître cet état de fait, lourdement préjudiciable à la qualité de vie des étudiants strasbourgeois.

Ce lieu unique, central, polyvalent, dédié aux étudiants, existe déjà dans de nombreuses villes en France, et surtout à l’étranger, sous des appellations variables : Maison de la culture, Maison de l’étudiant…

L’AFGES préconise la création d’un lieu comparable à Strasbourg. Mieux, elle suggère vivement, en s’inspirant des expériences connues, d’améliorer le principe, pour doter notre ville d’un lieu réellement attractif, répondant au mieux aux besoins des étudiants, mais aussi de la jeunesse.

 
Un lieu et une philosophie

 

Le choix du lieu

 

La plus grande attention doit être portée au choix de l’implantation : la Cité doit en effet être tout à la fois proche du principal campus, des lieux de résidence des étudiants, et bien desservie par les transports en commun, pour permettre aux étudiants résidant ou étudiant dans d’autres quartiers de s’y rendre facilement.  

La Cité de l'étudiant : un lieu de vieIl faut encore que la Cité puisse vivre le jour comme en soirée, sans gêner un voisinage immédiat. Enfin, l’espace disponible doit permettre d’accueillir l’ensemble des activités, assurant ainsi sa polyvalence, qui est le principal intérêt de la Cité. C’est la raison pour laquelle une « Maison des étudiants », comme il en existe partout, n’a pas d’intérêt : ouvertes sur les campus aux horaires limités, et qui au final n’apportent de réponse qu’à une part infime des attentes des étudiants. Qui plus est, son implantation à proximité plutôt que sur le campus donnera à ce lieu toute sa dimension d’intégration de la population étudiante dans la Ville, au lieu de la limiter à un espace circonscrit.

Forte de ces constats, l’AFGES propose que la Cité soit implantée sur l’îlot Malraux, dans celui des deux grands bâtiments des anciennes Armureries Seegmuller encore à l’abandon : ce site est à  proximité des campus, est fort bien desservi depuis l’extension du tram, et se situe dans un quartier en pleine transformation, avec la proximité immédiate d’un complexe de cinéma, et de la nouvelle Grande Bibliothèque. Il est, en outre, et à deux pas d’une grande partie des logements étudiants, tant universitaires que privés.

L’isolement raisonnable de l’îlot par rapport aux zones d’habitation permet d’envisager des activités de jour comme en soirée, sans gêne pour les riverains. Enfin, l’espace y est important  et dégagé, offrant de nombreuses possibilités, et suffisamment de souplesse pour l’adapter à une gamme de besoins très variés, qui sera développée plus avant dans cet exposé.

L'esprit du lieu

 

Mais l’importance du lieu réside aussi dans sa philosophie. La Cité n’est pas un lieu « exclusivement » étudiant : si les étudiants en seront les premiers destinataires, le Centre se doit  pourtant d’être un vecteur de rencontres pour l’ensemble de la jeunesse strasbourgeoise. Comme elle l’a montré avec l’opération « Grands Frères de Campus », l’AFGES est en effet attachée à la promotion du lien social inter-générationnel et inter-culturel, premier rempart face aux incompréhensions et aux idées reçues.

Pour mener à bien son objectif, la Cité devra être administré de la façon la plus souple possible, avec de larges plages d’ouvertures.

Le mode de gestion devra en tout état de cause veiller au maintien d’un lien fort avec l’université, autant qu’avec les collectivités.

La Cité doit être un lieu de vie  et un lieu vivant. Il ne faut pas seulement que cela soit un lieu de passage(s). C’est pourquoi son adossement à un complexe de logement étudiant, tout en améliorant sensiblement l’offre de logement étudiant à Strasbourg, assurera notamment une vie permanente du site, ainsi que la viabilité financière du fonctionnement de la Cité.

La réussite de ce projet ambitieux sera à l’aulne de la confiance et de l’importance accordées aux étudiants et à la jeunesse.

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Un espace de formation et d’information

L'étudiant se forge en partie sur les bancs de l'université, mais pas seulement. C'est dans la recherche personnelle, le sport, le travail sur soi, les lectures, les échanges… qu'il pourra compléter et parfaire son apprentissage. Il va donc de soi que pour un établissement qui se veut aussi complet que la future université de Strasbourg, il est indispensable d'améliorer tout cet aspect éducatif parallèle aux enseignements, qui, lui aussi, souffre aujourd'hui d'importantes carences.

Afges, association fédérative générale des étudiants de strasbourgFaciliter l'accès à l'information

Aujourd'hui, les sources d'information sont aussi variées que nombreuses. Pourtant, paradoxalement, les étudiants éprouvent malgré tout de nombreuses difficultés à s'informer, et à entreprendre leurs démarches. Il faut donc améliorer la situation. Ainsi, l'AFGES propose la création d'un guichet unique qui reprendrait les services importants ayant trait à la vie étudiante et à la jeunesse.

Ce guichet unique aurait l'avantage de regrouper tous ces services à proximité des campus, et de manière permanente. En effet, l'Agora mis en place par le Pôle Universitaire – sur une idée originelle de l’AFGES – permet actuellement d'effectuer une partie des formalités lors de la rentrée universitaire, mais l'opération n'était pas prolongée au long de l'année pour l’ensemble des services.

En outre, dans une idée de regroupement, pour plus de visibilité, des services en rapport avec les besoins étudiants, la migration de l’Agora, ainsi enrichi, vers la Cité, semble répondre à une logique de cohérence.

Donner enfin les outils de la réussite

Dans le cadre de la Cité, il apparaît nécessaire de développer une offre de services évolutive permettant de répondre aux besoins de la communauté étudiante, notamment l'accès à des ressources de documentation, à l’Internet, et à des zones de travail.

Dans un esprit de modernisation, poursuivant la réflexion actuellement tenue dans les universités pour améliorer la diffusion de l'information, des écrans diffusant en continu des informations locales sur la vie du campus, les évènements de jeunesse… seraient mis en place, permettant au passage de promouvoir les activités culturelles.

En matière de lieux de travail ouverts aux étudiants, la Cité proposera une avancée ambitieuse sur le sujet en mettant à disposition des salles d'étude ouvertes tard dans la nuit en période d’examens, et à des horaires convenables le reste du temps, y compris pendant les vacances et le week-end. Voilà qui serait l’occasion de se démarquer par rapport aux autres universités françaises, d’offrir un vrai service aux étudiants.

A ceux qui s’inquiéteraient d’une fréquentation plus faible le week-end ou pendant les congés, il convient d’ajouter que les salles d’étude ne seront pas exclusivement réservées à des travaux purement universitaires, ni aux seuls étudiants.

 

 

Un lieu de vie

La carence en logements étudiants

Le logement étudiant recouvre des formes très diverses : foyers, chambres en cités U, studios, appartements…

Le CROUS ainsi que les différents foyers et résidences ne sont actuellement capables de fournir que 10299 logements, laissant ainsi à une part importante de la population étudiante la seule possibilité de se loger dans le parc privé diffus. Cette carence crée une inégalité entre les étudiants ayant accès aux logements à prix avantageux voire très en deçà du marché privé (CROUS, foyers, ...) et ceux ayant uniquement accès aux logements du parc privé. Sans pour autant que cette inégalité soir toujours socialement justifiable (V. à cet égard le dossier de l’AFGES du 20 février 2008 sur le logement étudiant à Strasbourg).

Aussi bien, de nombreuses familles appartenant aux « classes moyennes » (dont les revenus ne permettent pas d'entrer dans des critères sociaux mais dont les moyens ne permettent pas pour autant de financer un logement privatif à leur enfant) se retrouvent lésées.

Ainsi, la charge supplémentaire due à un loyer à Strasbourg peut très vite faire basculer le budget de ces familles : un loyer CROUS représente au minimum sensiblement 130 € (pour une chambre), alors qu'un loyer dans le parc locatif privé avoisine généralement 400 €, étant entendu que les chambres seules sont rares.

Un début de solution

Il est donc urgent d'augmenter le volume du parc immobilier destiné aux étudiants, hors parc privé diffus, afin de pouvoir fournir des logements de qualité et adaptés aux besoins spécifiques du monde étudiant, notamment l'accès simplifié à l’Internet (documentation), aux aides destinées aux étudiants, ou encore à des espaces de travail adaptés.

L'AFGES propose donc de créer au sein de la Cité un parc de logement aux loyers abordables, et adapté aux besoins spécifiques du monde étudiant afin de combler ce manque dans l'offre immobilière à Strasbourg.

Ces logements s'intègrent parfaitement dans le projet de Cité, plaçant l'étudiant à proximité du campus, des bibliothèques ainsi que des services importants.

Ces étudiants seront ainsi sans doute autant de moteurs de vie au sein des campus et de la Cité.

> Pour télécharger l'ensemble du dossier au format PDF, cliquez ici.
> Pour voir le pré-projet architectural de Cité de l'Etudiant et de la Jeunesse, cliquez ici.
> Pour lire le communiqué relatif au Pacte étudiant pour Strasbourg,
cliquez ici.

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