Du 8 février au 19 mai se tient la 6ème campagne nationale Handivalides. Ce jeudi 24 mars, elle a fait étape à l’Université de Strasbourg. Parcours en fauteuil roulant, repas à l’aveugle,… l’objectif est de faire prendre conscience des difficultés quotidiennes aux étudiants valides.
Le jeudi 24 mars, c’est le campus de Strasbourg qui met l’accent sur le handicap. Au programme le matin, une table ronde sur le handicap psychique, avec la présence entre autres de psychologues du
CAMUS.
« Le handicap, quel que soit sa nature, fait souvent peur », constate Tomas Graff, chargé de campagne Handivalides de l’association Starting-Block. « Cette journée permet d’échanger autour du handicap, et de montrer qu’il est tout à fait possible de parler avec une personne qui est sourde par exemple ».
Un atelier dédié à la langue des signes est justement proposé, et permet de se rendre compte des subtilités au jour le jour pour communiquer. Des cartons sont présentés, illustrant des situations de la vie quotidienne : comment savoir que quelqu’un sonne à la porte ? Comment danser en suivant le rythme de la musique ? Et bien souvent, il n’est pas évident de trouver la réponse. Les étudiants qui le souhaitaient pouvaient participer à un parcours en fauteuil roulant, à la canne, et à différents ateliers de sensibilisation aux déficiences visuelles et auditives (langue des signes, lecture en braille…).

A Strasbourg, c’est la troisième fois que se déroule la journée Handivalides.
« Cela avait d’abord eu lieu au PEGE, puis à la Faculté de Droit, et maintenant au Patio », indique Fabienne Rakitic, coordinatrice de la
Mission Handicap de l’Université de Strasbourg. «
Sur les 160 étudiants en situation de handicap qui se sont signalés auprès de notre service, nous en comptons une cinquantaine qui ont des besoins spécifiques en accompagnement. Nous leur proposons en début d’année le soutien d'un assistant d’études, ou secrétaire d'examen, qui est souvent un étudiant de leur promo, pour les aider dans la prise de notes, les déplacements etc ».
Accompagnement pour les cours et accessibilité, même combat. Comme en témoigne Audrey Barbaud, étudiante en première année de licence en arts plastiques, et marraine de la journée Handivalides sur le campus strasbourgeois. « La principale difficulté pour moi est l’accès aux bâtiments », confie la jeune femme qui se déplace en fauteuil roulant. « Mes cours se déroulent sur le campus historique au Palais Universitaire, et il y a juste un ascenseur qui a déjà vingt ans et qui tombe souvent en panne, m’obligeant à laisser mon fauteuil au rez-de-chaussée et à ce qu’un ami me porte dans les étages ». Cette journée de sensibilisation est donc pour elle « une belle initiative, et une manière différente d’aborder le handicap, de façon moins rébarbative ».
L’Amicale des Sciences, en lien avec le Service de la Vie Universitaire, a organisé au Resto U de l’AFGES-La Gallia un repas en aveugle à midi. « Nous avions été sollicités par l’Université qui cherchait une association étudiante et nous nous sommes portés volontaires », raconte Luc Olland, président de l’ADS. « Nous avons accompagné à leur table une dizaine d’étudiants qui avaient les yeux bandés ».
Il fallait ainsi déployer des trésors d’ingéniosité… pour manger. Un acte de prime abord banal qui devenait soudain parcours du combattant. « C’était vraiment particulier. Personne n’a réussi à remplir son verre d’eau, sans en verser à côté ! », note Benjamin, étudiant en sciences physiques qui a participé au repas. « Je voulais prendre la fourchette et je tapais à côté, pile dans la glace du dessert ! C’était une expérience vraiment intéressante pour vivre les difficultés que peuvent rencontrer au quotidien les personnes en situation de handicap », conclut Benjamin.